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Archive pour juillet 2009

Ecofiscalité - Taxe carbone : électricité incluse ?

Après plusieurs mois de débats, de supputations et de controverse, Michel Rocard a révélé ce mardi les préconisations du groupe d’experts qu’il a présidé sur la Contribution Climat Energie (CCE). L’idée est de mettre en place une taxe sur les énergies fossiles (charbon, gaz, pétrole) pour limiter leur consommation et donc les émissions de gaz à effet de serre.

Michel Rocard évoque une taxe de 32 € la tonne de CO2 émise en 2010 et de 100 € en 2030. Il rappelle qu’il ne s’agit que d’un avis et que « le gouvernement reste maitre de sa décision qu’il prendra au moment du projet de loi de finance pour 2010 ».

À ce jour, on ne sait toujours pas si l’électricité sera également touchée. Michel Rocard est partisan d’étendre le principe de cette taxe à ce secteur, bien que ses détracteurs objectent qu’une majorité de l’électricité est d’origine nucléaire ou hydraulique, donc non émettrice de gaz à effet de serre.

Dans l’hypothèse où l’électricité serait également concernée, et en considérant le montant de 32 € la tonne de CO2 émise et sur la base de 0,09 kg par kwh, on arrive à une taxe de 0,00288 € par kwh, soit, pour un serveur consommant 300 watt en moyenne, la taxe annuelle s’éleverait à 7,5 € pour le seul serveur.

Enfin, si on extrapole une évolution de la taxe à 100 € la tonne, le coût s’élève à 23 € par serveur.

Si à cela, on ajoute les coûts supplémentaires (climatisation, alarme,…) nécessaires à son bon fonctionnement, l’augmentation tout aussi probable du coût de l’électricité (4 à 5% pour les entreprises annoncé ce jour dans ‘Les échos’), on ne peut qu’être convaincu de la nécessité de prendre dès maintenant des mesures pour mesurer, optimiser et diminuer sa consommation électrique.

L’ecofont : une police verte

Savez-vous pourquoi durant la première puis la seconde guerre mondiale, certaines pièces de monnaies françaises étaient trouées en leur milieu ? Tout simplement pour économiser du métal.

La société de communication néerlandaise Spranq propose de reprendre ce principe en proposant une nouvelle police d’écriture : l’Ecofont.

Les caractères de l’Ecofont sont ainsi percés de nombreux trous afin d’économiser de l’encre d’impression. Selon ses créateurs, cette technique permet d’économiser jusqu’à 20% d’encre, par rapport à la police sous licence libre Vera sur laquelle est basée l’Ecofont, et ceci, tout en conservant une lisibilité optimale. Toutefois, les trous deviennent visibles au delà de la taille 13 mais ne gêne pas en aucun cas la lecture du document.

Si le gain de 20% annoncé, qui dépend de la taille de la police imprimée, de la qualité de papier et du type d’imprimante (jet d’encre ou laser), est réel, il peut être intéressant d’utiliser cette police pour imprimer brouillons, notes internes… et d’utiliser une police classique pour les autres documents.

Si vous souhaitez vous faire votre propre idée, vous pouvez télécharger cette police à l’adresse en cliquant ici.

Le green IT dans les data centers

Plusieurs études constatent que les entreprises qui gèrent un grand volume de données optent de plus en plus pour la construction de datacenters ‘green’  et que celles qui sont déjà équipées n’hésitent plus à mettre à niveau leurs datacenters existants, avec comme priorité de rationaliser les équipements et de consolider les sites.

Rationaliser les équipements a notamment des répercussions positives sur la gestion d’inventaire, l’optimisation des  contrats de licences et la réduction de la consommation électrique.

La consolidation de datacenters permet de réduire le nombre de licences, de contrats de support et de diminuer le plan de reprise d’activité. Par ailleurs, les économies portent également sur les loyers des bâtiments, mais aussi sur la disparition de ressources redondantes.

La virtualisation est un excellent moyen pour consolider des datacenters, en réduisant le nombre de serveurs, avec des économies d’énergie pouvant aller jusqu’à 82% et des économies de surface allant jusqu’à 86%.

Sans oublier la mise en place de techniques de climatisation à faible, voire très faible, coût :
- l’air ambiant,
- l’organisation des rangées de serveurs suivant des paramètres thermiques,
- l’utilisation de serveurs de nouvelle génération, dont il est possible de contrôler l’activité.

Yahoo! montre l’exemple et a révélé début juillet son intention d’installer son prochain datacenter à Lockport, dans l’état de New-York avec 90% des serveurs alimentés par la puissance hydroélectrique des chutes du Niagara et un datacenter complètement refroidi à l’air ambiant, profitant du microclimat local.

Définition d’une informatique verte

On me demande souvent lors de conférences quelle est la définition de “Green IT” ou “Informatique Verte”. Je vais tenter, dans ce bulletin, de donner quelques pistes de réponse.

La chose essentielle est de comprendre comment l’informatique s’est développée sans tenir compte de l’environnement.

Premièrement, en se focalisant sur une constante augmentation de la puissance du traitement et du stockage,  l’informatique ne s’est que peu préoccupée de la consommation d’énergie (miniaturisation extrême des transistors, températures de fonctionnement de plus en plus élevée, augmentation du nombre de serveurs utilisés,…). Aujourd’hui, un serveur a besoin de moins de courant par unité de puissance de calcul, mais sa consommation globale d’énergie augmente considérablement !

On considère (source IBM) que la fabrication de l’électricité consommée par un serveur émet environ 3 tonnes équivalent carbone par an ! Pour comparaison, un français émet 2,2 tonnes équivalent carbone par an…

Deuxièmement, on estime à environ 50 millions de tonnes de déchets électroniques sont produits chaque année dans le monde. Parmi les composants informatiques nécessitant un traitement particulier, l’écran, qu’il soit cathodique ou bien LCD constitue un composant particulièrement polluant (plomb, baryum, mercure,…). D’autres composants contiennent également des substances néfastes comme les batteries, les accumulateurs et les cartes électroniques porteuses d’un certain nombre de métaux comme le plomb dans les soudures des composants.

Troisièmement, le comportement des utilisateurs : 60 % des utilisateurs reconnaissent de ne pas éteindre leur poste de travail tous les soirs, 20 % reconnaissent ne jamais le faire. Or, Le simple fait d’éteindre son ordinateur chaque nuit peut permettre un gain en coût énergétique de 15€ par an par ordinateur.

A partir de ces constatations, on peut définir l’informatique verte comme un ensemble de méthodes (matériels, logiciels, services,…) qui réduisent l’impact de l’informatique (et plus largement des outils de communication et réseaux) sur l’environnement par une démarche éco-responsable.

Mais au-delà de réduire l’empreinte écologique des TIC (Technologies de l’Information et de la Communication), il s’agit désormais d’utiliser ces outils pour réduire l’empreinte écologique de l’entreprise, notamment en réduisant les déplacements; l’idée étant d’utiliser l’outil informatique pour impacter le métier (processus, produits, services) de l’entreprise, voire, in fine, la société civile, en faisant émerger une économie positive, basée sur des modèles économiques durables et respectueux de l’environnement et des êtres humains, afin d’assurer un développement durable de la société sur le long terme.

Dans ce cas, on commence à parler des TIC durables et non plus simplement d’informatique verte.

Le Wi-Fi des box internet bientôt désactivé par défaut

Cinq sénateurs du groupe des verts ont déposé le 17 avril dernier une proposition de loi « relative à la réglementation de l’implantation des antennes-relais de téléphonie mobile et à la réduction de l’exposition des personnes aux champs électromagnétiques ».

Ce projet de loi, contrairement au Grenelle des Ondes, n’a oublié ni le Wifi ni le Wimax et  prévoit de remplacer autant que possible ces technologies par du filaire. Concernant le Wifi, l’article 14 indique qu’il doit être désactivé par défaut, notamment sur les box Internet.

Certes, à ma connaissance, à ce jour, aucune étude à grande échelle n’a démontré ni l’innocuité ni la dangerosité de l’exposition aux ondes associées à l’utilisation des téléphones mobiles ainsi qu’à d’autres technologies hertziennes.
Mais est-il sérieux de comparer le GSM à plusieurs watts et le Wi-Fi à quelques milliwatts? Quant à l’argument qui consiste à dire que les ondes du Wi-Fi utilisent la même fréquence que les micro-ondes, je rappelle juste que le micro-onde (1000 Watts) a une puissance 10 000 fois supérieure à un réseau Wi-Fi (0,1 Watts) !

Je rappelle également que les émissions liées au fonctionnement des bornes Wi-Fi sont très inférieures à celles des antennes relais, voire même par rapport aux téléphones sans fil DECT (dont la puissance est équivalente aux téléphones portables) !

En revanche, quand on sait qu’il y a plus de 10 millions de box en France et que chacune consomme entre 8 et 21 watt, on peut ainsi espérer une petite diminution de la consommation électrique en désactivant la fonction WiFi. C’est toujours ça de pris pour la planète.

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