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La virtualisation Open Source
Pour rappel, la virtualisation de serveurs est un ensemble de techniques et d’outils permettant l’exécution de plusieurs systèmes d’exploitation (OS) sur un même serveur physique. On appelle Hyperviseur la couche logicielle qui s’insère entre le matériel et les différents OS. L’hyperviseur peut soit gérer lui-même toutes les ressources matérielles du serveur, soit s’appuyer sur un système d’exploitation hôte.
On distingue trois grandes catégories de solutions de virtualisation :
- l’isolation qui permet de cloisonner un même système d’exploitation en plusieurs contextes ou environnements, les programmes de chaque contexte ne pouvant communiquer qu’avec les processus et les ressources associées à leur propre contexte,
- la paravirtualisation qui repose sur un hyperviseur fournissant une interface qui permet à plusieurs système hôtes modifiés (pouvant être de familles différentes) d’accéder de manière concurrente aux ressources. Chaque OS aura alors accès à ses propres périphériques de stockage, sa propre mémoire, etc…
- la virtualisation complète (ou native) qui permet de faire fonctionner plusieurs systèmes d’exploitation non modifiés sur un serveur physique. Sur une telle machine virtuelle, il est possible d’installer n’importe quel OS non modifié, aussi bien commercial qu’Open Source.
Une des solutions les plus avancées et les plus matures dans le domaine de l’isolation est Linux VServer. Cette virtualisation se situe au niveau du noyau de l’OS et rend possible l’exécution de plusieurs instances d’OS GNU/Linux sur la même machine. Les serveurs virtuels utilisent le noyau de l’OS hôte Linux, ce qui leur confère un rendement proche des performances natives. En revanche, il est impossible d’exécuter d’autres OS que GNU/Linux. L’accès par certaines fonctions au noyau (notamment les fonctions réseau) nécessite une grande vigilance en terme de sécurité !
Xen est un produit qui propose, outre des possibilités de paravirtualisation (Xen permet de paravirtualiser des systèmes GNU/Linux dont le noyau aura été spécialement patché), un mode virtualisation native. Ce mode, appelé HVM-Xen, permet d’utiliser des OS fermés comme Windows, mais aussi GNU/Linux. Il est cependant nécessaire de disposer d’un processeur fournissant les jeux d’instructions d’aide à la virtualisation pour pouvoir en bénéficier. Xen est réputé pour sa souplesse d’utilisation et critiqué pour son manque d’ergonomie. Initialement développé par l’université de Cambridge puis soutenu par de grandes sociétés comme IBM, Xen a été racheté par Citrix en août 2007, ce qui peut poser quelques interrogations quant à son positionnement open source.
KVM est un nouveau venu dans le monde des machines virtuelles open-source et offre une virtualisation native. Bien que très prometteur, KVM en est encore à ses débuts et ne dispose pas encore des outils d’administrations qui font la force de ses concurrents.
Les solutions open source apportent le même niveau de qualité en termes de robustesse, de performances que les solutions commerciales. En revanche et comme souvent avec les solutions Open Source, un effort reste à faire en terme d’ergonomie des interfaces.